Ce samedi soir, je suis chez moi, un peu fatiguée et j'ai envie de me patater devant la télé. Je décide donc de regarder la 35ème cérémonie des Césars... tout en sachant que je zapperai immanquablement pendant les interminablement chiants remerciements des artistes français.
Ce genre de cérémonie est sensé faire rêver. On commence donc avec l'arrivée des artistes et là, je découvre Pauline Etienne, jeune comédienne nommée pour le meilleur espoir féminin. Elle est venue habillée comme pour aller au lycée et explique au journaliste que, en gros... elle n'en a rien à foutre des Césars. Grosse envie de lui demander ce qu'elle fout là. Peut-être qu'elle ne connaissait pas le théâtre du Châtelet et qu'elle voulait savoir si c'était très différent des MJC qu'elle fréquente.
On continue avec le discours d'ouverture de la cérémonie de Marion Cotillard. Discours niaiseux, dit sur un ton niaiseux. Depuis 35 ans, on a droit au même genre de discours sur le cinéma à chaque cérémonie (et à chaque festival de Cannes aussi). On sait que le cinéma est là pour nous faire rêver !
Sauf que le cinéma français ne nous fait pas rêver. Les films nommés ? Un unique sujet : la dure et très sordide réalité. Une seule comédie, la satire douce-amère de l'âge ingrat des Beaux gosses. A quand un peu de diversité dans le cinéma français ? Un peu d'effets spéciaux, un peu de magie des costumes, un peu d'élan héroïque, de grands rôles, de belles histoires qui font pleurer ? Où est passé le cinéma de la Belle et la Bête, des Visiteurs du soir, de Peau d'Ane ou de Nikita ? Je vais de moins en moins voir de films français. Trop peu de bonnes surprises.
Et puis, ça rime à quoi ces nominations ? Pourquoi nommer Tahar Rahim meilleur espoir masculin et meilleur acteur ? Meilleur espoir, c'est bien une façon de saluer sa première performance d'acteur, non ? Et d'ailleurs pourquoi donner le césar du meilleur espoir féminin à Mélanie Thierry qui joue depuis 10 ans ? Meilleur second rôle féminin aurait été plus juste, non ? Et si François Cluzet arrive à être nommé pour deux films à la fois, est-ce que ce n'est pas la preuve que c'est bien l'acteur de l'année !
Seul véritable moment d'émotion, les larmes d'Isabelle Adjani. Parce que c'est bien de voir récompenser une grande actrice qui après une vraie longue traversée du désert, fait un vrai beau retour en prenant des risques ! Et au moins, son discours était intéressant.
Bref, je nous souhaite une meilleure 36ème cérémonie des Césars. Une vraie belle sélection qui n'oublie personne, ni ceux qui nous font rire, ni ceux qui nous tiennent en haleine, ni ceux qui nous font rêver.